Un film, une réalité : La crise... économique
(Par Vladimir)
Je comptais parler d'un film, mais non pas pour en faire une critique ou pour dire que les acteurs sont géniaux. Là n'est pas le propos sur PSY si j'ai bien compris. J'ai donc envie de vous faire partager mon envie de traiter de deux sujets qui n'ont a priori pas de rapport mais, si on réfléchit bien, ils peuvent être liés.
J'ai donc juste l'intention de vous parler de l'histoire d'un film que j'ai revu récemment, à savoir La Crise, de Coline Serreau, réalisé en 1992, comme point de départ pour les deux sujets à traiter... La crise existentielle, due à la crise économique, et/ou l'inverse, la crise économique, due à une prise de conscience du citoyen, du consommateur, sa crise existentielle.

#[Un bout d'histoire]
Victor (Vincent Lindon), conseiller juridique dans une grosse boîte parisienne, se lève un matin, et ne trouve plus personne dans son lit. Sa femme lui a laissé une lettre qui dit qu'elle s'en va pour de bon. Le même jour, il se rend à son travail, comme tous les matins, et apprend par sa secrétaire qu'il est licencié à cause d'une crise qui s'abat sur la boîte où il travaille. Il veut parler à son entourage, sa famille, ses amis, mais ils n'ont pas l'air de se soucier de ses problèmes. Ces personnes ont aussi leurs problèmes. Et c'est à ce moment-là que Victor rencontre Michou (Patrick Timsit), un SDF un peu collant, mais très gentil, voire trop gentil, et qui est à l'écoute.
Apparemment, tout le monde autour de lui subit une crise existentielle, en plus de la crise à tendances économiques qui sévit sur la France.
#[Un phénomène de société plus qu'actuel]
Tout comme la poule avant l'œuf ou l'inverse. Qu'est-ce qui vient en premier ? La crise économique mondiale ou la crise existentielle généralisée ? Je n'ai aucune réponse, et peut-être n'y en a-t-il pas... Peut-être un peu des deux, une sorte de cercle vicieux ou de spirale infernale. Un phénomène qui en déclenche un autre, puis, ce dernier qui étend le premier. Un phénomène exponentiel.
Dans tous les cas, je constate pour l'instant que la crise économique est partout. Ce n'est pas une nouvelle, je ne vous apprends rien en le disant, certes. Ceci dit, en Italie (j'y ai vécu pendant un an entre 2008 et 2009), j'ai remarqué deux augmentations de prix. Deux produits de première nécessité, le lait et le café, je les ai vus augmenter deux fois depuis octobre 2008. De quelques centimes seulement, mais ce sont des prix à la hausse qui pourraient s'avérer plus graves ou s'étendre sur bien d'autres au fil de mois, sachant que la crise continuera jusqu'en 2011, voire 2012, selon les estimations, et ce, en restant très optimiste.
En ce sens, ça crée des problèmes de société, et au sein de celle-ci, et les questions, pas encore existentielles, fusent. « À cause de la crise, les prix augmentent, mais pas au prorata, donc comment vais-je faire pour payer mes factures ? » « Mon emploi n'est plus stable, je risque de le perdre, j'ai 40 ans, comment vais-je faire pour en retrouver un autre ? » « Les produits sont de plus en plus chers, est-ce que mon salaire va tenir bon ? » Et j'en passe.
Ces questions sont tellement omniprésentes depuis quelques années qu'elles obnubilent et poussent les gens à devenir cinglés. Un dérèglement psychologique humain peut naître de là. C'est peut-être aller chercher un peu loin mais je doute de la facticité de ce fait. Nous en avons une preuve, même si c'est au Japon. Le Vieux Continent est également frappé par la crise. Elle a fait augmenter le nombre de suicide en 2009. Ce sont certes les cas les plus graves. Mais si cette crise donne comme résultat une recrudescence des suicides ; à plus petite échelle, elle doit obligatoirement aboutir à d'autres résultats tout aussi sérieux dans le cas des dérèglements et dysfonctionnements psychologiques, en France par exemple. Et ces deux exemples ne sont qu'un infime aperçu de la réalité actuelle.
Pour en revenir au film, et pour y faire un lien. C'est un peu ce qui se passe dans la vie du protagoniste, Victor, et de son entourage. Son entourage se fiche pas mal de la vie de Victor. Comme dit plus haut, ces personnes ont aussi leurs problèmes. Et à partir de là, il se prend quelques claques psychologiques ; une prise de conscience survient alors. N'ayant plus personne qui le soutient, il est seul à pouvoir « régler » ses problèmes ou, du moins, les alléger. En effet, il se réveille, comprend certaines choses, grâce tout de même à des personnes qui vont directement ou indirectement l'aider.
La crise existentielle est là. Il pète les plombs ; il s'enfonce dans son malheur en se posant toutes les questions possibles et imaginables. Des questions qui n'ont parfois ni queue ni tête, comme quelqu'un qui a l'impression de s'enfoncer dans son malheur. Il réfléchit beaucoup, trop, et, surtout, mal. Mais un phénomène (humain) apparaît. Effectivement, il se réveille et se dit qu'il doit faire quelque chose pour arranger ses affaires ; il se relève ; et il prend sa vie en main pour remonter à la surface. Un processus normal de retour à la réalité, finalement, et ce, pour beaucoup de choses qui en valent la peine. Comme par exemple, (re)trouver un emploi, « récupérer » sa femme et recommencer une vie sous un nouveau jour.
En guise de conclusion, on peut se dire que les problèmes psychologiques de beaucoup de monde sont comparables, à une échelle sociétaire, à ceux du film. La société perd les pédales pour le moment à cause de tous les problèmes et dysfonctionnements qui nous surplombent. On se sent comme submergés par la crise économique et financière. Mais les experts sont à l'affût pour trouver de nouvelles solutions. Ils veulent nous réveiller par des manifestations et campagnes de sensibilisation. Pour ensuite, et je l'espère, nous aider à remonter à la surface. Parce que nous coulons pour l'instant, c'est un fait. Faisant partie de la génération de nouveaux adultes, nous sommes, pour la plupart, concernés par ce fléau. Donc il faut absolument agir pour sortir de cette crise, ressortir plus forts et en éviter une ultérieure !