Justification libérale de la torture ?
(Par Cuvette-121112)
Comment la torture, les méthodes d'interrogatoires sont-elles dans les démocraties contemporaines depuis les attentats du 11 Septembre 2001? Comment les démocraties doivent-elles traiter ceux qui sont suspectés de présenter pour eux une menace gravissime ?
La question de la torture est une question que, normalement nous n'envisageons pas de poser. De quelles manières les démocraties peuvent-elles être confrontées à la necessité du mal (la torture) ? Comment est-ce que des penseurs progressistes (de gauche /libéral) hostiles à toutes brutalités d'état en sont venus à justifier la pratique de la torture, de donner à celle-ci une justification morale ? Les lois peuvent-elles être changées ?
Le rôle des juristes dans cette affaire aux USA est déterminant. Il faut réflechir aux rapports que le droit entretien avec des principes philosophiques "morals". La question de la torture ne confronte pas les démocraties à la question de savoir comment elle doit être traitée pour ce qui est pour elle une question de menace. La question de la torture est le miroir dans lequel la démocratie doit se regarder. Elle confronte la démocratie face à elle-même.
Existe-t-il une situation d'urgence extrème dans laquelle le recours à la torture serait la seule solution qui s'impose comme une sorte de necessité pour obtenir des informations en vue de sauver des vies humaines ?
Nous sommes tous d'accord pour condamner la torture d'état; d'où vient donc la difficulté ? Elle apparaît dès qu'on admet qu'il existe des situations d'exceptions.
Prenons par exemple l'hypothèse de la bombe à retardement : un terroriste a posé une bombe quelque part dans une grande ville, peut-être dans une école. Elle peut se déclencher à tout instant. Il a été arrêté et refuse de parler. Qu’est-il juste de faire ? Risquer la mort de dizaines d’innocents ou battre le détenu jusqu’aux aveux ? Cette hypothèse fait vasciller toutes nos inclinations. Il y a un système de justification chez les penseurs contemporains qui reconnaissent la réalité maléfique de ce mal qu'est la torture et qui reconnaissent la necessité d'y avoir recours. Il existe une solution dont le mérite est de ne pas subvertir le respect de nos principes éthiques, politiques et juridiques et qui consiste à agir au coup par coup et de donner toute sa responsabilité.
Le décideur (le tortionnaire) doit être un homme de conscience, de scrupule, qui prenne au fond sur lui la responsabilité du crime en sachant qui c'est un crime et à en assumer toutes les conséquences morales et judiciaires.
Que pensez-vous de cette hypothèse de la bombe à retardement ? En pareille circonstance la torture est-elle vraiment moralement acceptable ?