Quand la science s'amuse à s'arroser

Publié le par Secteur PSY

(Par Arkiel)

 

 

La recherche médicale est au beau fixe. Surfant sur les avancés technologiques, les découvertes sont foisonnantes et les articles qui en font trait sont nombreux. Ainsi, chaque semaines sont publiés de nombreux rapport d’expériences, nous expliquant comment des pistes d’un vaccin contre le cancer du sein ont été découvertes, pourquoi notre comportement pourrait être dicté par notre système immunitaire, ou autre résultats, annoncés comme spectaculaires ou vecteur de futurs changements.

Dans les faits, le ton n’est pas toujours aussi rose. Un cortège de chercheurs s’est en effet penché sur quelque 200 publications aléatoires de 20 grands centres d’études américains. Les conclusions ne sont pas sans apporter une certaine déception.

« Sur les 113 communiqués traitant d'essais cliniques, 40 % portaient sur des essais peu probants car de faible qualité méthodologique », note t-on. « Moins de la moitié précisaient qu'il fallait prendre des précautions avec les résultats. Plus du quart des 200 communiqués de presse exagéraient l'importance des résultats rapportés. Parmi les citations de chercheurs presque toujours mises en avant, un quart surestimaient l'importance de la recherche présentée. »

On voit donc se profiler un effet de médiatisation forte des publications, qui cherchent à toucher un maximum de personnes, alors que la rigueur méthodologique tel que dans le choix des participants ou dans le report statistique sur la population générale, n’est pas toujours respectée. De plus, l’étude insiste sur la généralisation des résultats sur des être humains depuis des animaux. En effet, selon une autre étude, seulement un tiers des expériences réalisés sur des animaux sont généralisables à l’Homme.

Les chercheurs se doivent-ils alors d’exprimer une certaine rigueur dans leurs résultats, en affichant avec plus de clarté les risques d’erreurs ou les erreurs possibles d‘interprétation ? Doivent-ils se refuser à publier tout résultats qui ne serait pas probant ?
Les journalistes ne sont-ils pas les plus critiquables dans leur démarche, et ne devraient-ils pas tâcher d’éviter l’optimisme ou les déductions hâtives ?

Pensez vous que l’on accorde trop d’importance à des résultats chauds qu’ils conviendrait de laisser quelque temps reposer ?
Ne croyez vous pas que cette démarche de vulgarisation hâtives puisse présenter des avantages, notamment en vue de toucher les différentes tranches de la population qui deviendraient alors, les potentiels futurs donateurs à des fonds pour la recherche ?


Dans un sens, on n’est pas beaucoup plus renseigné sur les qualités méthodologiques de cette ‘contre-enquête’. Crier au scandale n’est-il pas le meilleur moyen d’attiser la médiatisation ?


Source (PDF)

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Publié dans Société - sociologie

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